Vies à bascule : Kwezi et Yoli

La belle his­toire de Kwezi et Yoli

Kwezi naît dans une famille ordi­naire. Il a une enfance ordi­naire. Il aime jouer plus que d’aller à l’école. C’est que dehors il peut jouer au soleil. A l’école on ne joue pas au soleil.
Dehors il peut aussi tra­vailler, bricoler, décou­vrir la vie, le monde.
Il se pré­pare à être adulte. Il devient adulte.
Tout pour­rait très bien se passer, se pour­suivre ainsi jusqu’à son terme. Kwezi n’a rien demandé de plus que de pou­voir vivre et jouer au soleil quand il en a encore le temps.
Plus tard il jouera avec ses enfants n’est-ce pas ? Car il aura des enfants. D’ailleurs il a déjà ren­con­tré Yoli qui devien­dra sa femme.

Alors, ils furent heureux et eurent beau­coup d’enfants ?

Ce serait trop sim­ple, ce serait une his­toire ordi­naire de princes et de princesses ! Era uma ves comme on dit en Angola ! Mais ils ne sont pas princes et princesse, Kwezi et Yoli.

Il y a un grain de sable, une énorme tache dans leur soleil.

Le père de Kwezi, entre deux, a été tué. La pro­pre vie de Kwezi est men­acée car il a été vu dans des cer­cles où il n’aurait pas fallu que cer­taines per­son­nes le voient.

Alors Kwezi doit quit­ter clan­des­tine­ment son pays.

Alors Kwezi se réfugie en France.

Il con­tinue à mener une vie tout à fait ordi­naire. Peut-être plus ordi­naire encore.

Mais en France on ne veut pas qu’il soit un étranger ordi­naire. On ne cherche pas à lui faire une place au soleil. Ici le soleil est plus rare n’est-ce pas, ses rayons réchauf­fent moins.

Alors Kwezi devient un Sans-papier une caté­gorie inven­tée au XXe siè­cle au pays des droits de l’homme.

De quoi sera fait son lende­main ? Kwezi ne le sait pas. Mais ras­surons nous : per­sonne ne sait de quoi sera fait son lende­main. Le sait-il le fonc­tion­naire qui lui demande un papier sup­plé­men­taire ? Le préfet qui lui refuse un statut ? Le min­istre qui boute hors de France, les gens comme Kwezi ?