Vénus de Milo, cow boys et Joconde

A Samuel

_ « Si ça con­tinue il n’y aura plus que des Vénus de Milo dans toute la France ».
Je me demande ce que Samuel, dit Sam, mon inter­locu­teur, veut sig­ni­fier par là. Veut-il dire que d’une généra­tion à l’autre notre descen­dance sera de plus en plus belle ?
C’est un rêve à la fois agréable et un peu dan­gereux, un rêve de race pur.
Je demande des expli­ca­tions et me rend compte que je n’y étais pas du tout !
Samuel a par­ticipé au Sarkos­i­toire du 19 février 2008 qui vient de s’achever. Il rit de mon incom­préhen­sion et il espérait bien cette incom­préhen­sion ! Il aurait même été vexé que je trouve tout de suite le fin mot de l’histoire.
« Mais non dit-il alors, en reprenant la parole avec un large sourire. Les gens qui ont fait con­fi­ance au can­di­dat Sarkozy s’en mor­dent les doigts aujourd’hui, et à force de se ronger les doigts, il n’y en aura plus, et même le bras sera bouffé… »
Oui évidem­ment la Vénus ce n’est pas qu’un vis­age et un buste superbe. Ce sont aussi des bras tron­qués. Rien ne doit se per­dre dans la vision de la Vénus.
Au retour je prends place dans ma voiture mais me voici très vite con­traint de stop­per pour laisser passer un véhicule lancé à vive allure avec girophare et son stri­dent : c’est une voiture de police munic­i­pale. Tiens ! pensais-je alors, voilà les cow-boys d’Amiens à l’œuvre !. Il faut vrai­ment que tout se voit et que tout s’entende chez eux. Mille jour­nal­istes pour mille policiers et quelques arresta­tions à Villiers-le-Bel cela ne suf­fit pas. Dès que l’on aura trois policier dans une berline, il fau­dra donc sup­porter le girophare et la sirène ! Est-ce bien néces­saire ?
Une ville rem­plie de Vénus de Milo sera plus facile à gérer pour les cow-boys. Mais il restera encore la parole. Car la Vénus de Milo, n’est-ce pas, peut encore par­ler.
Devant moi une jeune fille esquisse un sourire. Je ne sais pas pour qui, je ne sais pas pourquoi. Man­quait plus que cela me dis-je, voici main­tenant que je croise la Joconde !
Joconde, Vénus de Milo et cow-boys…
Et moi, je suis l’Indien qui ne marche pas dans la file. Je m’aperçois avec plaisir qu’on est encore nom­breux ainsi et je suis heureux ce soir de ressen­tir que la file Indi­enne s’allonge.