Sarkositoire du lundi 19 avril 2010

Le con­texte d’avril

Besson men­ace l’humoriste Guil­lon et, dans une tri­bune à Libé (le 30 mars) dit qu’il tient « Des pro­pose de facho mais déguisés sous un look bobo ». Moi je sais que per­sonne ne s’y trompe et que le plus facho des deux est tout de même celui qui est le plus en état de nuire auprès des per­son­nes en danger.

Un  heureux événe­ment : désavoué  le préfet du Cen­tre (Orléans) demande sa muta­tion dans un autre départe­ment. Mal­heureuse­ment c’est pour une mau­vaise cause : il est à l’origine du retour de la jeune maro­caine Najlae rev­enue 15 jours après en grande pompe, sur grâce du président.

Si cela les préfets pou­vaient tous deman­der leur muta­tion non pas parce qu’ils sont désavoués mais parce qu’ils refuseraient de con­tin­uer à jouer le jeu mal­sain qu’on leur fait jouer dans la cour human­i­taire ? Un texte de cette séance évoque cela.

Je con­state que 5 per­son­nes sont pour­suiv­ies par le préfet des Pyrénées-Orientales pour des pro­pos tenus en 2008 (com­paru­tions en juin 2010) : infor­ma­tion LDH de Toulon « le préfet et les délin­quants de la sol­i­dar­ité », 15 avril.

Pour l’instant on ne peut que con­stater  la dégra­da­tion des sit­u­a­tions vis­i­bles notam­ment à Beau­vais, du fait du rôle que la Pré­fec­ture de l’Oise doit jouer pour toute la Picardie. Le Cour­rier Picard mon­trait la semaine passée la sit­u­a­tion des gens dor­mant dans les rues de cette ville de Beauvais.

Ce qui bouge par con­tre c’est peut être le monde du tra­vail, je veux dire de cer­taines organ­i­sa­tions patronales qui com­men­cent à signer des cour­ri­ers com­muns avec les syn­di­cats pour deman­der la régu­lar­i­sa­tion des sit­u­a­tions et dénon­cer le scan­dale des sans papiers qui ont des fiches de paie depuis des années et ne sont pas régularisés.

Appa­rait aussi dans le paysage d’Ile de France un grand nou­veau cen­tre de réten­tion. Cela mérite aussi la médi­ta­tion d’un Sarkos­i­toir, pour pren­dre date.

Dans les retours au pays la sit­u­a­tion d’un Ango­lais finale­ment tou­jours en France sur lequel je reviendrai et au sujet duquel je pour­rais dévelop­per beau­coup plus si cer­taines per­son­nes s’intéressent à son cas.

La sit­u­a­tion aussi d’un Dar­fouri d’Amiens, Choaib Medhi, auquel la pré­fec­ture de l’Oise donne rendez-vous pour en fait s’en saisir, l’embarquer de force à Ois­sel et ten­ter de le ren­voyer à Malte par où il a tran­sité (là on n’a quant même pas osé le ren­voyer au Dar­four). Cela a été fait telle­ment en dehors des règles que le tri­bunal — comme presque tou­jours lorsqu’on parvient à refuser l’envol — a demandé de le libérer immédiatement.

Mais à ce genre de déci­sion la pré­fec­ture peut faire appel, ou peut res­saisir plus tard le « délin­quant ». Vrai­ment quelle honte !

Enfin je ter­min­erai cet éphéméride de l’entre deux sarkos­i­toires en salu­ant le courage du vol­can Islandais [le nuage de cen­dres qui s’échappe du vol­can Eyjaf­jal­la­jokull] qui a réussi à inter­rompre le traf­fic aérien et donc les retours au pays des Sans Papiers.  La prochaine fois je crois que je vais don­ner une ou deux « sagas » de sans papiers (à la mode islandaise), autour de Hauka Azanga fils de Grim le Chauve, ou peut-être la saga de Najlae fille de Thoroar­son et de Gret­tir le fort, ou bien enfin la Saga de Mounir le Dar­fouri du val-au-Saumon qui met en fuite la pré­fec­ture de Beau­vais. Je sens que la démarche des sagas s’accorde bien à notre sujet, qu’elle donne l’ampleur qu’elle mérite à l’aventure des sans-papiers, saga du monde contemporain.