Présomption d’innocence

(Sarkos­i­toire du mardi 19 février

2008)

Pré­somp­tion d’innocence

Début février 5 per­son­nes dont 3 policiers hors ser­vice et ivres sont pris en fla­grant délit de salut nazi, pro­pos racistes et anti­sémites dans un bar d’Amiens où e nom­breux autres con­som­ma­teurs sont présents. Le patron les prie de se taire. Ils insis­tent, pour­suiv­ent leurs pro­pos. Le patron les invite alors à sor­tir Ce qu’ils font, menaçant toute­fois le patron de repré­sailles s’il ébruite cela. Voilà pour les faits rap­portés par la presse locale et nationale. _ Cela fait grand bruit pen­dant quelques jours, et dès infor­mée la Min­istre les sus­pens, ce qui me paraît un min­i­mum (il me sem­ble que pour moins que cela on empris­onne par­fois des « délin­quants »)
Le représen­tant pour la ville du syn­di­cat Alliance, inter­wievé par la presse, parle de « pré­somp­tion d’innocence ».
D’innocence de quoi ?
Je crois cauchemarder !
Que ces policiers béné­fi­cient comme tout le monde des con­di­tions justes de défense je suis d’accord. C’est ce qu’on réclame pour tous, quels que soient les faits. S’il n’y a plus de jus­tice et ses mécan­ismes il n’y a plus de démoc­ra­tie.
Je crois cauchemarder car je ne doute pas que de nom­breuses bonnes fées vont se pencher sur le châlis de ces policiers (mais je dis « châlis » comme s’ils étaient en prison. Ne nous a t on pas dit qu’ils étaient seule­ment « sus­pendus » de leur tra­vail ! On ne met pas aussi facile­ment en prison de _ valeureux guer­ri­ers de la BAC, l’élite de la police).
Je crois cauchemarder car pen­dant que cela se pro­dui­sait je regar­dais à la télévi­sion un reportage où je vois des policiers d’élite aussi recon­duire des sans papiers vers leurs pays, et pour les récal­ci­trants on pra­tique la bas­cule : à 4 on tient la per­sonne à l’horizontal et on monte l’escalier de l’avion qui les ramène au pays.
Oh ! bien sur tout cela est fait avec beau­coup d’humanité ! Si le Sans-papier est mis en posi­tion de bélier c’est pour enfon­cer une porte ouverte, là haut, à l’arrière de la car­lingue de l’avion.
Et la porte ouverte de la pré­somp­tion d’innocence ?
Eh bient ! Celle-ci reste fer­mée !
Le sans papier n’a pas de pré­somp­tion d’innocence !!
Vous risquez pour votre vie ?
Vous risquez pour votre santé ?
Vous risquez car, en France depuis onze ans, vous n’avez plus de repères dans votre pays ?
Vous risquez vous risquez vous risquez ?
Nous sommes désolés, mais vrai­ment on ne peut rien faire :
Il vous manque un cachet sur votre dossier,
ou bien
Votre tueur poten­tiel n’a pas attesté qu’il pen­sait vous tuer quand vous arriverez,
ou bien
Notre quota d’autorisations pour raisons per­son­nelles, human­i­taires et autres, est dépassé. Il fal­lait arriver hier. C’est une loterie la loi française. Vous ne saviez pas ? Désolé, vrai­ment désolé, mais il faut bien que l’on applique la loi nous on n’y est pour rien, on ne fait que notre devoir, ne com­pliquez pas notre tache.
Il y a des tra­di­tions où, quand on avait partagé le pain et le sel, on deve­nait l’hôte de celui qui rece­vait. Mais ne ce sont guère des tra­di­tions occi­den­tales n’est ce pas ?
Il y a des pays où les mots veu­lent dire ce qu’ils veu­lent dire. « Pré­somp­tion » c’est une hypothèse qui a de forte chance de vraisem­blance. Pré­somp­tion d’innocence me sem­ble tout à fait adap­tée à l’analyse de la sit­u­a­tion d’un sans papier. Pré­somp­tion d’innoncence ne veut rien dire quand on est en fla­grant délit de salut et de pro­pos nazis. Le fla­grant délit nos policier con­nais­sent. Les Sans papiers vien­nent en France en ayant pré­somp­tion d’innocence de notre Jus­tice de notre fra­ter­nité. Et en toute mau­vaise fois nous analysons en pré­somp­tion de cul­pa­bil­ité.
Et l’on voudrait que je me croise les bras et que je ne dise rien ?