Le sarkositoire du mardi 23 juin 2009

Le con­texte de ce Sarkositoire

Durant ces dernières semaines il y a eu pléthore de Berlus­con­ner­ies dans notre domaine :
– le ren­voi chez Khadafi des africains en sit­u­a­tion irrégulière en Italie ;
– la durée du main­tien en cen­tres de réten­tion portée à 6 mois ;
– être sans papier devient un délit, tou­jours en Italie (c’est presque comme de dire qu’être Africain est un délit)
– les patrouilles de citoyens sont autorisées !

Con­cer­nant ces deux derniers points les asso­ci­a­tions ital­i­ennes de défense des droits de l’homme relèvent que l’on retourne aux lois fascistes.

sur notre ter­ri­toire les sarkon­ner­ies de Nico­las II et de ses cour­tisans se pour­suiv­ent :
On se sou­vien­dra longtemps, du « Sarko je te vois Sarko je te vois », en gare de Mar­seille, qui a valu un procès à son auteur !
Devant le décret signé par Besson pour déman­teler l’excellent tra­vail de la Cimade, 4 organ­i­sa­tions — dont la Cimade — ont fait un recours, avant la date d’application des attri­bu­tions, c’est à dire le 2 juin, et vien­nent à nou­veau de gag­ner sur un aspect du texte. Evidem­ment le Cour­tisan va pour­suivre pour enfin trou­ver une copie qui soit assez pro­pre pour la jus­tice.
Le comble de la bêtise de nos Inhu­man­i­taires notoires est atteint par cette nou­velle d’un évène­ment qui date de quelqu’un mois mais dont le Canard Enchaîné ne s’est fait l’écho qu’en juin : nos voy­antes troupes des fron­tières ont ren­voyé un Français parce qu’ils le croy­aient Camer­ounais. Cela fait l’objet d’un de mes textes en lecture.

En dernière minute ce lundi 22 juin j’apprends la mésaven­ture d’une jeune femme chercheur et Brésili­enne. Elle qui venait en France en séjour de vacances. On la ren­voie bessonnu-militari parce que ses papiers n’auraient pas été en règle ! Le cou­ple français qui devait assurer son accueil, son héberge­ment et le reste (il y avait en l’air des pro­jets de recherches France-Brésil entre deux uni­ver­sités) n’ont même pas eu l’occasion d’échanger avec elle. Cela s’est déroulé le 10 avril 2009 à 14h. Le retour direct au pays a été mis en œuvres 75 heures après (entre deux : zone de réten­tion de l’aéroport, con­tact avec per­sonne !). Faut il ajouter que cette per­sonne (et tout un groupe semble-t-il, d’une dizaine de per­son­nes), avait en poche dol­lars et euros, et auraient fait vivre le com­merce de notre beau pays de France.

La Fédéra­tion inter­na­tionalee des Drois de l’Homme vient de ren­dre un rap­port cinglant et pub­lic sur l’existence du délit de sol­i­dar­ité qui existe bel et bien en France. De quoi empêcher de dormir notre Besson-près-sa-Majesté s’il était aussi humain qu’il ne veut bien le dire.

Pour ter­miner je ne résiste pas à faire une petite brève sur deux récentes pho­tos de Besson, deux pho­tos qui me le font com­parer à un explo­rateur en Afrique, dont il ne manque que le casque colo­nial (mais il doit bien être dans un tiroir quel­conque), si on prend le temps de décrypter ces belles pho­tos.
Dans la pre­mière il porte au pied de solides rangers neuves pour affron­ter en toute sécu­rité la jun­gle de Calais. Solide­ment planté dans la boue il écoute les expli­ca­tions de je ne sais qui (sans doute un traducteur-guide des zones sen­si­bles en brousse et en jun­gle). Pour Calais j’ai déjà donné ou ou deux textes dans les précé­dents sarkos­i­toires.
Sur une autre photo prise dans son bureau il y a en arrière une mag­nifique mappe­monde, un globe ter­restre à l’ancienne. Il se pré­pare vis­i­ble­ment à une expédi­tion sur la planète. Il va pointer du doigt le prochain pays qu’il osera affron­ter pour ven­dre du développe­ment durable comme Kouch­ner a vendu très cher à cer­tains pays du ser­vice de Santé con­fec­tionné en cocottes en papiers ?
Il doit l’aimer cette mappe­monde car ce jeudi, inter­viewé dans son min­istère sur l’accueil en France de 100 sans-Papiers (comme le chiffre est sym­bol­ique­ment mag­iques), on l’avait sur la moitié de l’écran pen­dant qu’il dis­cour­ait. Il faut avouer que ça fait une très belle image.

La séance de ce mardi était très ani­mée, et à la fin deux trois groupes de dis­cus­sions se sont con­sti­tués spon­tané­ment. On n’était pas plus nom­breux que d’habitude (12–15 per­son­nes), mais on sent le besoin de parole !

Mais il est temps de vous per­me­t­tre de cir­culer dans les textes mis en ligne, 4 comme d’habitude, plus l’extrait d’un texte com­mu­niqué par nos amis de L’Ame, l’Association des maliens de Bamako, qui accueil­lent les expul­sés à l’arrivée à l’aéroport ou à Kayes au Nord pour ceux qui sont revenus par le désert. Ils organ­i­saient le week end précé­cent (20/21 juin) une fête des Expulsés :

L’effet-papillon,

Le jeu du qui perd perd (merci d’être venu jouer avec nous) ,

Camer­ounais, français, gens du monde, même com­bat !,

Ce qui m’effraie : un texte né à l’écoute de Tomi Mor­ri­son venu présen­ter à Paris son dernier livre,

Et enfin un extrait du texte trans­mis par le prési­dent de l’AME de Bamako : Un député inter­pelle le min­istre malien.