Le country club de Paris au hit parade du soutien aux sans-papiers

On en apprend tous les jours sur les sans papiers et surtout sur leurs employeurs

La grève des tra­vailleurs sans papiers tourne depuis quelques semaines et aujourd’hui samedi 24 mai 2008 nou­velle escalade : 15 tra­vailleurs, 15 cuis­tot encore, une activ­ité médi­a­tique­ment por­teuses car ce ne sont pas des cuisiniers de can­tines sco­laires, ce sont des cuisiniers du très sélect coun­try club de Paris. On nous annonce que ces braves cuisiniers eux aussi sont en sit­u­a­tion irrégulière.
Et ce qui est pour moi nou­veau, ce qui atteint un som­met que je ne pen­sais pas à ce point, c’est donc de voir que tous les copains de Sarkozy, d’Hortefeux, de Béranger, tous les bling bling du moment, font usage de ces braves gens venus d’Afrique. On n’a plus d’esclave au sens juridique mais on a des gens serviles que l’on tient par le fait qu’ils ne sont pas en règle avec la lég­is­la­tion.
Et l’on va dur­cir la lég­is­la­tion dis­ent nos respon­s­ables ! Car tous les noms que je viens de citer sont des respon­s­ables, et de pre­mier plan. C’est impor­tant de le dire car si ce texte per­dure, dans dix ans, dans vingt ans on ne saura plus ce que ces noms sig­ni­fieront car ils seront retombés dans les oubli­ettes de l’histoire. Oyez donc braves gens vous resterez célèbres parce que des gens dans mon genre (et de bien plus éminents) vous auront évoqués dans leurs textes.
Fini l’image du sans papier qui viendrait miner notre vie français parce que sans tra­vail.
Fini l’image de l’employeur de sec­onde zone, sous trai­tant peu scrupuleux qui emploi et mal­traite les pau­vres noirs.
Fini de crier au loup chez les huiles con­tre les abus des passeurs.
On voit bien à quoi ils pensent quand ils par­lent d’immigration choisi : le par­avent et le vent de con­ven­tions inter­na­tionales, pour con­tin­uer en sous main et entre amis l’exploitation éhon­tée de l’homme par l’homme. Et ils croy­aient que ce ne serait jamais éventé ? C’est qu’ils avaient mis la dose suff­isante pour faire peur à ce point croy­aient ils. Des doses du genre : si vous rous­pétez on vous ren­voie au pays.
Des bour­geois pas très malins se sont fait ainsi pren­dre la main dans le sac les années précé­dentes en con­fisquant les passe­ports de leur per­son­nel, de leur petite bonne, pour pou­voir les pres­surer au max­i­mum avant de les jeter à la moin­dre alerte. On est ici dans le même esprit, dans la même atmo­sphère. Arrêtez messieurs, moins de rollex au poignet, moins de sourire de faux jetons, et plus d’authenticité dans les rap­ports humains.
Au fond, avec la tour­nure que prend cette his­toire des sans papiers, c’est un peu l’arroseur arrosé : c’est le prési­dent et ses sbires qui sont pris la main dans le sac.
C’est de pou­voir dénon­cer cela qui fait la force d’une démocratie.