Chiffres et Sarkosiquotas

Le Sarkosiquota est le ter­ri­toire du numérique. Pas le numérique des ordi­na­teurs. Celui là bien sûr est omniprésent, ce n’est même pas la peine d’y revenir. Mais le numérique du nom­bre.
Le nom­bre est nom­briliste : à force de se regarder on veut que tout ressem­ble à soi et peu à peu l’exclusion gagne des domaines que l’on igno­rait, auquel on ne pen­sait pas qu’il puisse être atteint. Mais si ! mais si !
Et si cela amène à des con­tra­dic­tions. La con­tra­dic­tion qui devrait ouvrir sur le doute, ne va pas prof­iter à l’accusé c’est à dire au Sans-papier. Car il ne faut pas se leur­rer le Sans-papier est d’abord un accusé !
Con­tra­dic­tion ? Majeure la con­tra­dic­tion à dire qu’on va traiter au cas par cas en même temps qu’on établit un quota, un chiffre à attein­dre. Et que l’on porte le ridicule à vouloir noter le min­istre, notam­ment sur sa capac­ité à attein­dre ce chiffre, puisque cela fait parti de ses objec­tifs.
Alain Finkelkraut un philosophe invité le 10 jan­vier 2008 au matin sur France Inter soulève cette con­tra­dic­tion.
Oui com­ment peut-on dire simul­tané­ment qu’on tien­dra compte de l’analyse du cas, et que de toutes façons au final il fau­dra attein­dre un cer­tain chiffre : cela sig­ni­fie bien que des cas qui mérit­eraient bien­veil­lance (appelons cela ainsi, mais cela ne nous paraît que jus­tice), seront tranchés dans un sens négatif car sinon on n’atteindrait pas le chiffre.
D’où la gym­nas­tique que doit faire la police d’Etat pour par­venir à cette fin.
D’où les arguties hon­teuses des pré­fec­tures. — D’où les faux pré­textes de con­vo­ca­tion pour faire sor­tir les gens et les arrêter.
D’où les gens qui se cachent et les gens qui les pro­tè­gent car au moins, eux, ils sont droits dans leurs réflex­ion.
D’où une civil­i­sa­tion qui est celle des indi­vidus ayant encore de l’honneur.
D’où par con­tre la décivil­i­sa­tion de la garde rap­prochée des por­teurs de cette poli­tique. Mais ils peu­vent encore com­pren­dre, s’ouvrir la réal­ité du monde et des hommes et recon­naître dans l’étranger une per­sonne humaine égale à nous-même. Si, après tout cela, l’étranger veut bien encore les recon­naître.
_ Honte à la poli­tique du chiffre qui annule la bonne parole pour­tant bien mince déjà, du « cas par cas ».
_ Honte à ceux qui au fond d’eux-mêmes savent que l’on se four­voit mais qui obéis­sent au-delà du raisonnable de la néces­saire obéis­sance pour avoir leur salaire en fin de mois. Je me sou­viens que mon père, résis­tant, pen­dant la guerre de 40, a été sauvé par le sous-entendu d’un policier, ce qui lui a per­mis de par­tir avant la rafle du matin suiv­ant..
_ Oui honte à ceux là même aux­quels on donne comme tra­vail la chasse à l’homme et qui ne trou­vent aucune occa­sion de soutenir de mon­trer leur human­ité. Qu’ils sou­ti­en­nent en par­al­lèle, en sous-main, qu’ils gar­dent leur dig­nité humaine.
_ Pen­dant ce temps, fort heureuse­ment, les mil­i­tants pour­suiv­ent leur tra­vail, en pleine lumière, pour s’opposer aux Omni­con­voyeurs vers nulle part.