Aimé Césaire et les Sans-papiers

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Marche dans la rue

Entre Mai­son de la Cul­ture et Place Gambetta

_ L’association des Antil­lais d’Amiens et l’Union des Africains organ­i­saient un hom­mage à Papa Césaire le samedi 19 Avril 2008, place Gam­betta à Amiens.
L’Union des Africains se mobilise pour qu’à Amiens un mon­u­ment fasse mémoire de l’abolition de l’esclavage. C’est en effet dans cette ville que fut signé la Paix d’Amiens entre la France (Napoléon) et l’Anglettere : une clause de cette paix réin­tro­dui­sait l’esclavage qui avait été aboli par la Révo­lu­tion, sous la pres­sion notam­ment des planteurs des Antilles. En 2007 un télé­film a présenté un aspect de cet épisode peu glo­rieux des grandes familles aux Caraibes.
On sait qu’ensuite il fal­lut atten­dre à nou­veau près de cinquante ans pour que l’abolition fut effec­tive. On com­prend donc l’importance du sym­bole dans cette ville.
Dans le cadre de ce com­bat Michel Kitoko, prési­dent de l’Union des Africains, venait de ren­con­trer récem­ment à Fort-de-France, Aimé Césaire.

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_ A l’occasion de cette man­i­fes­ta­tion j’ai lu le texte ci-dessous.

Césaire et les sans-papiers

Je veux un hom­mage qui soit de l’ordre de la vie et non de l’enterrement avec ce que cela recou­vre de finitude.

Un hom­mage qui ne soit pas une mise au Pan­théon car ça me fait frémir de voir com­ment cer­tains le voient déjà au Pan­théon, de même que l’église pro­duit des bien­heureux et des saints à tour de bras.

Daniel Max­imin rap­pelle à la radio ce ven­dredi 18 avril que le terme de « négri­tude » chez Aimé Césaire n’est pas un « con­cept » mais un « mot ». Ce qui est beau­coup plus impor­tant. Le con­cept enferme. Le mot lui n’enferme pas, ce que savent les poètes. Si l’on revient à la vie de ce mot, matière con­crète, on ne pourra jamais s’en sor­tir, s’en laver les mains avec une sim­ple commémoration.

Aimé Césaire nous parle de l’homme debout « je suis nègre et nègre je resterai » comme il dis­ait lors d’un entre­tien avec Françoise Vergès.

Aimé Césaire nous parle ainsi entre autre des Sans-papiers auquel il dit « Tu es homme et tu le resteras. Tu es debout et tu le resteras »

Dans un rap­proche­ment que je trouve jubi­la­toire, et qui plaide pour le poète et pour les Sans-papiers et leur lutte, le jour­nal Libéra­tion du 18 avril, titrait à la fois sur la grève des sans papiers soutenus non seule­ment par la CGT, mais par un cer­tain nom­bre de leurs employeurs et la mort d’Aimé Césaire.

Que la république enterre les morts, soit ! Mais qu’elle n’oublie surtout pas le côté incisif de sa parole.

« J’ai fais un rêve » dis­ait Mar­tin Luther King. Moi aussi j’ai fait un rêve : à la mort d’Aimé Césaire Nico­las Sarkozy met fin aux quo­tas, met fin à la xéno­pho­bie d’Etat, ouvre le Pan­théon au malien noyé au pont de Joinville, mort pour la France.

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Gilles Demailly maire d’Amiens

Sig­na­ture du livre d’Or