Dénonciation du racket organisé par l’état français sur les acquis sociaux des Sans-papiers

Déc­la­ra­tion AME du 1er MAI 2009

Nous avons tous droit à la dig­nité et la con­sid­éra­tion que pro­cure un tra­vail décent. En immi­grant dans d’autres pays nous explorons des oppor­tu­nités nou­velles en réponse aux dif­fi­cultés économiques et struc­turelles dans nos pays d’origine. C’est notre force de tra­vail que nous allons offrir pour espérer avoir en béné­fices des lende­mains meilleurs. Du tra­vail au noir en pas­sant par les mul­ti­ples intérims, des CDD renou­velés aux CDI dont la plu­part sont sig­nataires et sur lesquels les patrons fer­ment les yeux nous pro­duisons une plus value dans les pays d’accueil par le paiement des impôts, taxes et coti­sa­tions sociales sans pou­voir béné­ficier des droits et des presta­tions qui y sont attachés (retraite, allo­ca­tion chô­mage, loge­ment social, ser­vices publics, citoyen­neté…).
L’Etat français encaisse ainsi env­i­ron 2 mil­liards d’euros par an sans jamais rien décaisser. Nous par­lons de spo­li­a­tions car ce sys­tème touche la grande majorité des 400.000 Sans-papiers de France qui sont tra­vailleurs déclarés ou recon­nus et qui quo­ti­di­en­nement sont bru­tal­isés et injuste­ment arrêtés, détenus et expul­sés vers un pays d’origine d’où ils étaient absents pen­dant de longues années — entre 7 et 22 ans.
Ces per­son­nes arrivent involon­taire­ment sans un sou et sans accom­pa­g­ne­ment idoine après avoir été des acteurs incon­tourn­ables du développe­ment économique et social car l’argent envoyé dans les pays d’origine par les immi­grés avec ou sans papiers représente trois fois l’aide finan­cière des gou­verne­ments des pays riches. Quid de leurs droits soci­aux tapis dans les caisses de la sécu­rité sociale du pays expulseur ? Des intérêts colos­saux pour les uns, des man­ques à gag­ner et la survie pour les autres. Quel des­tin ? Tra­vailler et laisser ses acquis à d’autres.
Nous dénonçons cette poli­tique illogique qui tend à passer sous silence le racket organ­isé par les pays d’accueil qui spolient ainsi la par­tie essen­tielle des fruits du tra­vail des autres. Les droits et acquis soci­aux des tra­vailleurs immi­grés ne doivent et ne peu­vent pas passer par pertes et prof­its dans la bal­ance des négo­ci­a­tions opaques pen­dant que des mil­liers de vie sont brisées et affaib­lies ici et labas.
Que devi­en­nent la femme et les enfants des tra­vailleurs Sans-papiers expul­sés quo­ti­di­en­nement de France ?
A quoi ser­vent les coti­sa­tions sociales des tra­vailleurs immi­grés Sans-papiers encais­sées par la France depuis plus de 30 ans ?

Aujourd’hui 1er Mai ; jour anniver­saire de la dig­nité humaine par le tra­vail, nous inter­pel­lons les gou­verne­ments sub sahariens et Magrébins à tra­vers leurs Ambas­sades et Con­sulats à ne pas se ren­dre com­plices his­toriques d’un Sys­tème Vam­pire sur les acquis de droits des tra­vailleurs immi­grés sans papiers dif­férence alors qu’ils ont tra­vaillé et cotisé pour des vieux jours.

_ Nous exi­geons sans con­di­tions un mora­toire sur les expul­sions afin de per­me­t­tre un cal­cul com­pen­satoire des droits soci­aux pour tous les tra­vailleurs immi­grés sans papiers expul­sés car, si l’on expulse un tra­vailleur il faut égale­ment expulser ses droits soci­aux.